Qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’une intervention thérapeutique et (ré)éducative qui à pour but de traiter des difficultés cognitives. Cette technique a pour objectif de renforcer et/ou de compenser les capacités cognitives déficitaires.

Les psychologues spécialisés en neuropsychologie proposent généralement deux types d’approche, restauratrice et compensatoire.

Restauratrice : on cherche ici à entrainer les fonctions cognitives déficitaires, avec le but de rétablir un équilibre. On parle parfois de stimulation cérébrale.

Compensatoire : on cherche ici à adapter l’environnement aux difficultés du patient pour diminuer le coût cognitif. Cela passe parfois par l’usage d’outils externes (agenda spécifique, outils de repérage dans l’espace, etc.). La recherche de nouvelles stratégies est également explorée, dans le but d’apprendre à traiter des informations ou à réaliser des tâches de manière optimale.

Dans tous les cas, nous cherchons souvent à prendre appui sur les capacités cognitives préservées/performantes de la personne. Il s’agit d’ailleurs d’une règle essentielle de cette pratique.

La remédiation cognitive est utilisée pour différents types de difficultés, chez des personnes de tout âge. Elle est efficace pour l’amélioration des habiletés scolaires et intellectuelles, mais aussi psychosociales.

A qui s’adresse la remédiation cognitive ?

Pour les enfants et les adolescents, je m’appuie très concrètement sur la vie de classe et mon expérience d’enseignante. Si cela est envisageable, je travaille aussi en lien avec les enseignants pour assurer un meilleur transfert d’apprentissage et bénéficier, également, du regard du professeur.

Les collégiens et lycéens rencontrent parfois une difficulté à conserver un bon retour sur leur investissement. Cette chute de résultats n’est en général pas expliquée par d’autres facteurs. A la suite d’une exploration neuropsychologique, nous définissons l’aide la plus appropriée. Parfois, la remédiation cognitive est l’option la plus adaptée. Nous travaillons alors sur les aspects métacognitifs et méthodologiques des processus d’apprentissage.

Pour les enfants dès le primaire, je travaille plus spécifiquement sur la métacognition : il s’agit de mieux comprendre le fonctionnement intellectuel de soi pour être plus efficace dans différentes actions.

Pour les adultes, l’accompagnement est destiné aux personnes ayant subi un traumatisme cérébral (AVC, tumeur, etc.) et à ceux dont les fonctions cognitives ont souffert suite à une période de vie difficile (dépression, etc.). Le travail se fait alors de façon très étroite en concertation avec les autres professionnels qui accompagnent le patient.

Durée et modalités des séances de remédiation

En remédiation cognitive, il existe différents programmes validés scientifiquement et correspondant à différents troubles. Souvent, il est courant de mélanger différentes approches et outils. On utilise des jeux, des exercices de type plus « académique », le support informatique ou papier-crayon, ou directement les supports scolaires pour les adolescents.

Pour les jeunes, nous travaillons sur l’acquisition de stratégies réutilisables et transposables dans un maximum de situations académiques vécues par le jeune.

De façon générale, les tâches travaillées en cabinet devront faire l’objet d’un transfert dans la vie courante de la personne. On propose aussi des exercices dits « écologiques » (qui se passent dans l’environnement quotidien) pour travailler en situation réelle. Plus l’apprentissage est en lien avec le milieu naturel, plus il sera efficace.

La durée d’une remédiation s’étale sur environ trois mois, avec des séances plus ou moins espacées, selon les difficultés rencontrées et le travail « écologique » possible.

La remédiation cognitive est une approche utilisée pour améliorer

  1. les problèmes d’organisation, de planification, de méthode de travail
  2. les problèmes de mémoire, de concentration
  3. les difficultés de raisonnement
  4. les difficultés d’ajustement dans les relations sociales, à comprendre celles-ci et à s’y inscrire (programme spécifique lié aux habiletés sociales). Le travail s’effectue parfois en groupe

Les bénéfices vont s’observer dans la vie courante de l’individu : capacité à travailler, s’engager plus efficacement dans une tâche scolaire, de retourner au travail, d’effectuer des tâches quotidiennes auparavant complexes. On assite aussi très souvent à une amélioration de l’estime de soi, de l’autonomie et de la confiance en ses propres capacités.