Le trouble de déficit d’attention avec/sans hyperactivité (TDA/H) est un trouble neurodéveloppemental lié à un développement déficient des processus attentionnels et exécutifs. Il est présent depuis la naissance, et touche environ entre 5 et 7 % des enfants, avec un plus grand nombre de garçons diagnostiqués que de filles. Il existe trois formes de manifestation du TDA/H :
- Tableau Mixte : la personne est à la fois touchée par l’inattention et l’hyperactivité / impulsivité.
- Tableau Inattention prédominante : les symptômes d’inattention sont au premier plan.
- Tableau Hyperactivité / Impulsivité prédominantes : les symptômes d’hyperactivité et d’impulsivité sont prédominants.
La forme peut varier au cours des années. L’hyperactivité peut prédominer chez un enfant à 6 ans et laisser place à une forme plutôt inattention à l’adolescence. Souvent, l’hyperactivité a tendance à diminuer en grandissent mais l’inattention persiste.
Le diagnostic, en plusieurs étapes, est posé par un médecin (pédiatre, pédopsychiatre, neurologue…) spécialisé dans ce trouble. Ce médecin va s’appuyer sur son examen et souvent, pour les enfants et adolescents, sur les avis neuropsychologiques. Il va aussi collecter toute information relative au parcours de vie et au comportement de l’enfant. Il s’intéressera à la perception qu’en a son entourage. En somme, toute donnée d’ordre médical, éducatif, social et psychologique va permettre d’objectiver le diagnostic. Les bilans neuropsychologiques, permettent de préciser les difficultés, mais aussi d’écarter d’autres problèmes. L’expertise neuropsychologique peut aussi porter sur une évaluation des capacités attentionnelles proprement dites. Nous attirons ici l’attention de tous : cette évaluation n’est pas obligatoire au médecin pour fonder son diagnostic.
Par ailleurs, certains enfants réussissent plutôt bien les tests car ils apprécient les tâches, sont motivés et compensent par leur intelligence. Nous les complétons donc toujours par des questionnaires remplis par les parents et les enseignants. Avant tout, les professionnels (médecin, psychologue) procèdent à des entretiens poussés, lors desquels on explore l’histoire complète de l’enfant. Le (neuro)psychologue réalise aussi une investigation du fonctionnement affectif et émotionnel. Nous cherchons aussi tout facteur externe qui permet d’avoir une vision globale de l’enfant et de son environnement : pratique-t-il des activités ? A-t-il des amis ? En tant que professionnels, nous regardons aussi les évaluations scolaires et les cahiers, sources importantes de compréhension du fonctionnement de l’enfant. Quelquefois, d’autres bilans sont nécessaires dans les champs de la psychomotricité, orthophonie ou ergothérapie.
Nous explorons aussi d’autres pistes, pour les écarter : un sommeil de mauvaise qualité ou un état de stress accentuent aussi les manifestations d’hyperactivité, avec une excitation désordonnée, épuisante pour l’enseignant et pour la famille. Si cela survient chez tous les enfants, ce phénomène est amplifié chez ceux touchés par le TDA/H, avec un retentissement dans tous les lieux de vie : classe, cour, cantine, centre aéré et domicile. Les dynamiques familiales sont également observées : des cercles vicieux s’installent en effet quelquefois, malgré la bonne volonté parentale, avec la survenue de comportements opposants, des colères, des pleurs.
Derrière la question « Mon enfant a-t-il un TDA/H ? » se cache souvent une autre interrogation : « Comment puis-je mieux comprendre ce qu’il vit et l’aider à s’épanouir ? ». L’objectif – quelquefois douloureux à annoncer pour un parent – est aussi de rétablir une bonne qualité de vie au domicile. Le diagnostic constitue parfois une partie de la réponse, mais il n’est jamais une fin en soi. L’essentiel reste de comprendre les forces, les fragilités et les besoins de l’enfant afin de lui proposer un accompagnement adapté, à l’école comme à la maison. Une évaluation rigoureuse permet ainsi de dépasser les étiquettes pour construire des solutions concrètes et personnalisées.