Je suis anxieux, c’est comme cela !

L’anxiété est état difficile, mais dans une certaine mesure, il est normal et utile.

En effet, l’anxiété nous aide à anticiper les dangers, à nous préparer à un examen, un entretien ou une situation importante. Lorsqu’elle s’installe durablement, est trop intense, fréquente et qu’elle finit par nous limiter dans le quotidien, elle devient problématique.

L’anxiété constitue aujourd’hui l’un des principaux motifs de consultation en psychologie.

Selon les études, près d’une personne sur cinq présentera un trouble anxieux au cours de sa vie. Les femmes sont davantage concernées que les hommes, même si les troubles anxieux touchent tout le monde. Chez les adolescents et les jeunes adultes, les difficultés anxieuses sont également en forte augmentation depuis plusieurs années, mais en vérité : l’anxiété augmente pareillement chez les adultes, indépendamment du pays (ce n’est donc pas lié à un climat national).

L’anxiété peut prendre différentes formes, être généralisée, liée à la sphère sociale, à la séparation. Elle peut concerner des domaines spécifiques : anxiété des transports, de certains lieux, des questions de santé.

Il arrive que certaines personnes ne puissent pas identifier la source de leur anxiété : on parle alors d’une anxiété diffuse.

Comment se manifeste l’anxiété ? Les manifestations sont très variables d’une personne à l’autre. Sur le plan émotionnel, une personne anxieuse rencontrera des inquiétudes excessives, une appréhension permanente, une peur de l’échec, ou un sentiment d’insécurité. Cela pourra la rendre fermée, solitaire, en retrait, irritable, ou alors, dépendante d’un proche.

L’anxiété a aussi des manifestations physiques, allant de tensions musculaires à es palpitations. On relève aussi des sensation d’oppression, de la fatigue, un sommeil de mauvaise qualité avec des réveils inopinés, des maux de tête.

Les personnes concernées disent aussi parfois qu’elles ont des difficultés de concentration, tendent à « ruminer », ont « trop de pensées » ou « des pensées envahissantes ».

Pourquoi l’anxiété s’installe-t-elle ? Il y a rarement une seule cause. S’il y a bien des tempéraments et des sensibilités individuelles, c’est aussi l’histoire de vie, le stress chronique, des difficultés dans les relations qui vont conduire à un état anxieux. Des troubles neurodéveloppementaux peuvent aussi être impliqués (TDAH, TSA, troubles des apprentissages et acquisitions).

Nadia ne va plus au cinéma ni au centre-ville : la foule l’oppresse. Simon ne parvient pas à choisir, de ce fait, il stagne au niveau professionnel, où il pense qu’on ne lui accorde aucune valeur. Il s’ennuie mais est incapable de poser une action pour changer son quotidien : il a peur que ce soit pire ailleurs, de ne pas y arriver. Emma est tétanisée par les concours : voilà déjà trois fois qu’elle tente le même, mais prise de panique, elle perd ses moyens. Elle se sent aussi en difficulté pour les présentations devant ses collègues : elle fait des exercices de respirations, prend des infusions relaxantes, mais c’est de pire en pire…

Les troubles anxieux font partie des difficultés psychologiques pour lesquelles les prises en charge sont les mieux documentées scientifiquement. Selon les besoins, l’accompagnement peut inclure différents outils ou cadres thérapeutiques. Dans certaines situations, un avis médical ou psychiatrique peut être indiqué afin d’évaluer l’intérêt d’un traitement médicamenteux.

Ce n’est pas une fatalité : même si l’on est anxieux depuis « toujours », on peut apprendre à faire baisser cette anxiété. L’anxiété ancienne est celle qui demandera sans doute le plus de travail en thérapie. Cependant, il n’y a aucune thérapie qui peut donner une durée prédéterminée.  Certaines personnes consultent pour quelques séances centrées sur une difficulté précise. C’est souvent le cas dès lors qu’une difficulté anxieuse est récente. D’autres auront besoin d’un suivi plus long, ou avec des séances espacées mais régulières. L’objectif n’est pas de supprimer toute anxiété — émotion normale et nécessaire — mais de retrouver un niveau d’anxiété compatible avec une vie satisfaisante, permettant de réaliser ses projets sans être constamment freiné par la peur ou l’anticipation.

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